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 Béthuline de Lluse -finish-

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MessageSujet: Béthuline de Lluse -finish-   Sam 19 Nov - 10:02

Béthuline DE LLUSE
ft. Fujiwara no Mokou de "Touhou project"

23 ans, en réalité 107 ♣ Féminin ♣ 1m52
45 kg ♣ Perdue
Momomajin

Béthuline semble souffrir d'albinisme au vu de sa lunaire chevelure et de son regard vermillon, mais que nenni, cette excentricité puise ses origines d'une simple conséquence de la magie noire qui a pu l'infecter il y a quelques années. À part cela elle ne souffre que d'un léger zézaiement puisque ses différents problèmes physiques accumulés avec l'âge se sont vu effacés d'un coup depuis sa "renaissance".


Je suis :

Béthuline rugit, Béthuline mord, arrache, déchiquette. Béthuline détruit. Béthuline piétine et met en pièce. En Béthuline gronde une colère vrombissante, une colère teintée de noir qui n’a qu’une idée ; se faire entendre. Béthuline n’a que faire de la reconnaissance, Béthuline vise la gloire éternelle, son nom gravé dans la pierre, une statue à son effigie, l’immortalité dans les légendes contées. Béthuline hurle et s’impatiente. Le monde ne tourne pas assez vite, les gens ne s’activent pas comme ils devraient. Alors Béthuline dirige et manipule. Elle ne fait confiance qu’à sa propre personne et règle seule ses problèmes. Béthuline se veut libre et indépendante. Béthuline est au-dessus de la masse, car Béthuline sculpte dans le marbre une figure de sa personne en tout point parfaite. Personne ne connait véritablement Béthuline et Béthuline ne comprend pas complètement Béthuline.



Béthuline se blesse, s’étiole, se fissure. Béthuline le menton haut levé vers les astres en oublie de redescendre sur terre et s’effondre. Béthuline est envie. Béthuline jalouse ceux qui ont hérité d’avantages à la naissance. Béthuline rougit de la faiblesse de son enveloppe de chair. Alors Béthuline toute honteuse se pavane armée et Béthuline effraie. Parce que dans le regard de Béthuline nulle trace d’hésitation. Béthuline surgit et se jette à corps perdu dans la mêlée. Béthuline n’en sort jamais vraiment indemne, mais Béthuline récidive. Le danger l’excite et Béthuline après chaque bataille s’abreuve toujours du sang de ses victimes. Elle ne semble pas avoir grand chose d’humain à bien regarder Béthuline et elle ne semble pas vouloir contribuer à vouloir y remédier.



Les ombres du soir effraient Béthuline. Alors Béthuline se roule en boule, minaude et fait la moue. Béthuline le cache, se le cache. Il y a bien longtemps à présent que Béthuline a passé la bague au doigt du déni. Béthuline à peur de la peur, Béthuline évite la terreur de prendre conscience de sa triste condition d’Homme. Béthuline se maudit, Béthuline vous maudit. Béthuline ne comprend pourquoi favoritisme il y eu. Béthuline se sent laissée pour compte, abandonnée. Béthuline s’angoisse quand elle reste un trop long moment sans la compagnie d’autrui. Béthuline se contredit, mais on ne le fait pas savoir à Béthuline parce que sinon Béthuline s’affole et ne répond plus de rien. On évite de briser le masque de Béthuline, elle en a grand besoin pour affronter ce monde qui l’épouvante. Béthuline sursaute quand le contrôle lui échappe, panique, bégaie.



Il réside tout de même un espoir en Béthuline. Béthuline désire ardemment, secrètement qu’on l’accepte comme elle est. Qu’on lui susurre des mots doux, qu’on la rassure quand elle menace de faire perler aux coins de ses yeux écarlates des joyaux azurins. Béthuline est emplis d’une affection timide qui ne demande qu’un peu d’aide pour se découvrir. Béthuline hésite toujours à tendre la main à son prochain, par crainte qu’on la force par suite à tendre l’autre joue. Béthuline accepte d’offrir, mais se sent en profond conflit avec le concept de gratuité. Béthuline se construit un futur bancal aux côtés de son amante la contradiction. Béthuline bannît de ses horizons la logique.



Mais Béthuline reste et restera toujours l’allégorie de l’instabilité. Béthuline se meurt dans une morbide routine. Béthuline explose si on ose vouloir l’enfermer dans la terrible antre des mœurs communes. Tel un lion en cage Béthuline se débattra si il le faut jusqu’à que mort s’en suive. Et Béthuline rit, glousse, s’étouffe tant elle trouve drôle toute cette populace qui semble apprécier d’être conditionnée. Et Béthuline à force de se croire hors d’atteinte, ne sentira qu’au dernier moment la lame que l’on plantera avec délice dans son dos. Et Béthuline la sauvage ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Béthuline ne veut pas se croire mal aimée, de par son mauvais caractère et son franc-parler. Béthuline tu espères et imagines qu’on t’apprécieras alors que tu craches sur le sommet de nos crânes ta bile humide ? Béthuline, ma belle Béthuline continue donc à t’enfermer dans un monde d'illusions, il ne nous sera que plus facile d’en extraire brutalement ton cadavre.

Quelles faiblesses il pouvait résider en la Béthuline passée, bien que son ancien, elle n’a guère totalement disparu, si ceux l’ayant connu pouvaient témoigner en sa faveur, ils diraient ne plus réellement la reconnaître. Magnifique narcisse qui pour sa propre sécurité n’éclos plus qu’à l’ombre de son prochain, Béthuline ne cherche plus la notoriété sachant son nom éternel à présent, et en fière régente qu’elle aime à rester, elle attend patiemment que ses œuvres de par leurs singularités s’épanouissent aux creux des cœurs de chacun. Avec le temps, son don pour la manipulation a pu se développer à son aise, la transformant en légitime enfant de Machiavel. Béthuline écoute son prochain, feignant l’intérêt pour ses palabres, et par suite n’hésite jamais à lui susurrer de sirupeuses paroles qui se veulent réconfortantes et aliénantes au possible. Ainsi, les marchés qu’elle passe régulièrement contre de son aide ou de son temps penchent toujours de son côté. Souvenez-vous qu’il faut hésiter un temps suffisant pour prendre du recul quand de son éclatant sourire hypocrite, elle vous tend la main pour vous aider à vous relever. Hypocrite, avec l’expérience Béthuline a compris que pour sa survie, elle se devait de le devenir. Feindre l’ignorance, se faire discrète, voiler ses peines et ses tristesses, ne se confier à personne, trahir avant d’être trahi, ne plus attendre des autres l’acception de sa personne. À bien y réfléchir en fin de compte la solitude est une bonne compagne. De l’ancienne Béthuline il ne semble plus y rester grand chose, du moins en apparence, car le vécu, il ne faut point l’oublier permet d’apprendre de ses erreurs, mais si la curiosité nous pique assez durement, et que l’on se sent d’attaque pour creuser dans sa carapace alors l’on pourra retrouver la frêle carcasse de ce bout de femme toujours faible face à la froideur du soir.

Talent
Mémoire eidétique : Quelle parfaite allégorie qu’est la mythique bibliothèque d’Alexandrie pour qualifier l’effrayant talent de Béthuline. En effet, véritable personnification du péché de la gourmandise elle dévore depuis sa naissance de manière gargantuesque toujours plus d’informations en tout genre pour tenter de calmer son insatiable soif de savoir. Et en un siècle de vie c'est peu dire ô combien elle a en pu accumuler dans son cerveau qui semble n'être qu'au final qu'un puit sans fond.

Mais cette incroyable capacité a ses propres limites, le temps sait occulter certains souvenirs et elle ne peut que les voir ressurgir que par le biais de certaines astuces mnémotechniques, de plus cette « super-mémoire » est principalement visuelle et auditive, mais il reste toujours marrant de lui demander de réciter tel ou tel passage d’un livre quelconque ou du discours d’un tiers, car elle augmente alors son débit de parole ne regarde plus qu’un horizon imaginaire et semble se couper totalement de son entourage. Un véritable automate. Bien heureusement elle comprend un minimum ce qu’elle raconte, du moins la plupart du temps (il lui est déjà arrivé d’apprendre des textes en langue étrangère juste pour tuer l’ennuis sans forcément chercher à les traduire).
Histoire
Née Eto Tokoraih à Tokyo un certain vingt-deux mai, fille unique d’Aiji et Birei Tokoraih respectivement docteur en psychologie spécialisé dans l’étude de l’enfant et médiéviste.

Eto, enfant.

L’enfant détourne la tête vivement. Elle se rapetisse un peu plus ramenant ses jambes à présent pliées près de sa poitrine. Il n’en tirerait rien, absolument rien. Alors il soupire. Il ne lui dira surement pas, mais il peine grandement à l’aider, et ce, depuis le début de leurs séances. Il ne perd pas espoir, il y arrivera. Du moins, il essaye de se persuader au mieux.

- « Je peux au moins parler avec Piotr ? Accepte-t-il ? Cela fait longtemps. »

Quand Eto pince si fort ses lèvres pour qu’aucun son ne puisse en sortir Piotr apparaît. C’est un gentil garçon déjà adulte qui fera toujours tout pour protéger Eto contre les méchants adultes. Ils se soutiennent tout deux mutuellement depuis de nombreuses années et ils ne pourraient l’un comme l’autre vivre séparément. Piotr est d’un physique bien simplet ; en effet, sa tête se compose de l’index et du majeur de la main droite d'Eto et sa mâchoire du pouce de cette même main. Il parle d’une voie fluette et chantante. Toujours enjoué, il adresse volontiers la parole à n’importe qui, sans se soucier des conséquences.

- « Oui ! Oui professeur ! Parlons bien, parlons peu ! Je suis l’homme de la situation. Je suis votre homme. »

Il aime bien la voir jouer de la sorte, en changeant totalement de personnalité, cela l’amuse d’autant plus qu’il sait qu’elle dissocie la fiction de la réalité bien plus aisément que la plupart des adultes. Alors il rentre volontiers dans sa farce si cela peut leur permettre de communiquer. Il s’assit donc près d’eux, sur la pelouse quelque peu mouillée de son jardin personnel. Il ne les regarde pas directement sachant qu’il peut les mettre mal à l’aise sans forcement s’en rendre compte.

- « L’on m’a parlé, je dirais plutôt que l’on s’est plaint à moi, de Eto, de son comportement envers ses aînés. L’on m’a décrit une enfant impolie, hautaine, turbulente, insolente, capricieuse et j’en passe. Je n’ai pas reconnu Eto dans ce portrait, d’où ma présence avec vous en cette fin de journée. Nous ne sommes point vus depuis un petit moment, alors Piotr toi qui a été le grand témoin de cette rixe sur le long terme peux-tu peux me dire ce qui s’est réellement déroulé ? »

L’enfant gonfle bien fort ses joues et peine à contenir sa grosse colère. Ses sourcils si froncés qu’ils en paraissent plus faire qu’un lui donne un drôle d’air. Il remarque aussi que de son petit poing gauche serré excessivement fort découle quelques perles écarlate qui viennent s’éteindre sur les brins d’herbe. Il lui faut se contenir un peu plus.

- « Comment !? Ne me dis pas professeur qu’ils ont osé ! Ho, les filous ! Ils ont de la chance que je ne puisse de mon état les attraper, ils passeraient un sale quart d’heure, je peux t’en assurer ! Tu veux savoir la vérité ? Moi, je vais te la dire, la vérité dans ce qu’elle a de plus brute et de plus dur ! Les adultes sont si lâches, ils me débectent. Enfin pas tous, rassure-toi prof’. Enfin soit je vais commencer ce récit et espérer que par suite, tu rendes justice en notre nom. Sache tout d’abord qu'Eto est fatiguée, fatiguée de devoir se comporter comme eux parce qu’elle leur semble hors de la norme. Eto est une enfant normale, mais quand elle leur dit, ils ne semblent pas vouloir l’écouter, pas le moins du monde, tu devrais voir ça prof’ cela en est risible. Rien n’y fait, ils ne croient pas en ses dires et se mettent même d’accord pour la traiter de fainéante. Ils lui reprochent de ne pas exploiter son potentiel et de faire grande preuve d’immaturité. Il parle d’immaturité à une gamine, t’y crois toi ? Ils ne sont pas possibles. Et ils déblatèrent pendant des heures en essayant de lui rentrer dans le crâne de force des idées préconçues sur sa personne, avec comme credo : « Fais-nous confiance, nous savons ce qui est le mieux pour une enfant comme toi, nous sommes adultes après tout, nous savons nous projeter dans l’avenir ». Eto elle demande donc régulièrement des preuves de son soi-disant esprit supérieur. Le pire étant qu’ils en trouvent des preuves, qualifiées d’incontestables, remarque comme ils usent de superlatifs pour tenter de l’impressionner. La preuve qui revient le plus souvent est celle de son incroyable mémoire et son fantastique esprit d’analyse. Tu vois prof’ comment ils vont chercher loin pour avoir gain de cause ! Eto a déjà déjoué leurs plans. Ils désirent secrètement lui pourrir son enfance, s’amuser de sa peine et de ses tracas pour combler leurs vies pitoyables et ratées. Elle répond donc à l’agressif, tapant du pied, cognant contre les murs, tirant la langue, saccagent leurs instruments et exercices. Eto elle sait bien que la solution réside autre part. Eto cette fois-là, elle sèche pour se sortir de cette situation contre-productive. Dans sa tête, elle tourne en rond, repasse encore et encore les mêmes scénarios et n’arrive qu’à la conclusion suivante ; il lui faut obéir. Eto elle n'acceptera pas, sa liberté, elle y tient. Eto elle ne demande que ton aide, ton aide à toi. »

Ils restèrent à se fixer l’un l’autre, Piotr disparaissant discrètement. Elle pleure la première, lui, vint accompagner ses sanglots par suite. Elle ne doit plus endurer cela, plus jamais. Personne ne mérite un tel traitement quel qu’il soit. Elle s’effondre dans ses puissants bras, qui l’enserrent instinctivement avec force.

- « Je connais la vraie Eto moi. L'Eto pleine de vie, qui sourit pour un rien sans se soucier de paraître idiote. Celle un peu tête en l’air qui n’a pas le sens des responsabilités. Toute maladroite, passant son temps à jouer à diverses jeux tous plus loufoques les uns que les autres. Se créant un véritable univers dont peu on la chance de pouvoir y entrer. Une enfant, une enfant incroyable qui surpasse de loin tous les enfants que je connaisse ! Mais une enfant qui prend tout à cœur et qui ne se contrôle que difficilement. Tu ne comprends que tous trop vite, et un peu trop bien pour ton âge, mais tu restes toi alors ça passera. »

- Prof’, c’est son père qui voyant en sa fille un avenir grandiose décide de lui-même de l’aider au mieux pour qu’elle se fasse une place dans ce monde. Malgré sa précocité évidente, il fallut un peu de temps à Eto pour comprendre les règles qui régissent le monde, après les avoir acquises sa scolarité en deviendra exemplaire.


Eto jeune adulte.

La radio diffusait en grande pompe le direct d'un concerto de classique. Les cuivres, les cordes et les bois se répondaient mutuellement. L'ensemble s'harmonisait à la perfection et avec le plus grand soin, un amateur du genre aurait été assurément ravi. Eto s'imaginait la scène, le chef d'orchestre au centre tout de sueur vêtu dirigeant d'une main de fer une myriade de fourmis toutes plus talentueuses les unes que les autres. Les percussions retentirent, puis vint le tour du soliste. Les notes virevoltaient dans l'air puis se perdaient au loin sans forme de procès aucun, un véritable gâchis. La musique lui restait un langage totalement inconnu, elle le savait, l'assumait et s'assurait alors de ne pas aborder ce thème en société. Parfois, un initié insistait tout de même, elle l'écoutait attentivement par simple respect pour l'effort fourni, sans pour autant en retenir quoi que ce soit. Je ne peux pas être bonne en tout, se disait-elle alors, se rassurant ainsi d'une certaine manière. La symphonie continuait, mais à ses oreilles, elle se métamorphosait petit à petit en une cacophonie désagréable au possible. Soit, il lui suffisait d’éteindre l’appareil. Si seulement tout pouvait se régler aussi simplement, la vie n'en serait que plus belle. Eto d'un petit saut se replaça dans le fauteuil, genoux ramenés sur la poitrine, bras droit dessous, tordant de la main gauche une mèche de cheveux, le regard vide, habitude de toujours. Le vent claquait les vitres, dehors, il faisait froid et sombre, très sombre, les lampadaires n'émettaient plus de lumières depuis longtemps déjà. 



- « Eto évite de monter le son ainsi, tu n’es pas seule dans la maison. »



Sa mère referma soigneusement la porte derrière elle, retira ses talons et s'assit sur le fauteuil d'en face. Elle en profita pour éteindre la lumière principale et alluma de ce fait une lampe aux lueurs moins vives. Eto s'empara d'un biscuit contenu dans une boîte de fer ouvragé posée sur le milieu de la table basse et feignit de ne pas s'être aperçu de la présence de cette dernière. Elle le mit dans sa bouche dans un mouvement tout aussi rapide et empli d'une vive contrariété. Elle le dévora et se resservit, tout en mâchant d'une manière désagréable et bruyante. Elle voulait en agissant ainsi lui faire comprendre ô combien cette entrevue improvisée lui déplaisait. Un comportement qu'elle jugerait très certainement immature, mais de toute façon toutes deux le savaient : on ne pouvait attendre d'effort d'une Eto contrariée. Maman l'ignora donc comme à son habitude en détournant son attention par le biais du remplissage de sa tasse de thé. Elle trempa quelque peu ses lèvres, attendant que sa fille daigne se calmer. Irritante. Elle jeta un regard sur le carnet ouvert entre elles deux.



Maman ne parle jamais beaucoup, elle préfère admirer l’horizon au loin à un point tel que je me dois de lui tenir moi-même bien fort la main pour qu’elle ne parte pas. Je fais aussi tout attention pour qu’elle ne bouscule pas les gens dans la rue ni ne percute un véhicule quand nous traversons la route. Maman m’a bien éduqué, grâce à elle, je peux me promener seule en toute sécurité dans la ville. Elle me laisse souvent sortir en toute liberté pour s’assurer que je n’oublie pas les règles et si j’ai le malheur de revenir à la maison avec les genoux et les coudes éraflés, elle ne me gourmande jamais. Voyez-vous, c’est pour me permettre de me reprendre sans son aide et éviter que je réitère par suite. Maman m’éduque bien, il faut rappeler que je suis encore jeune et que j’ai encore tellement apprendre. Elle ne perd pas son temps comme certain parent à m’expliquer en long et en large le pourquoi du comment, elle me croit capable de tout assimiler sans plus d’aide que cela, elle nourrit de grands espoirs en moi. Je le crois aussi, mais un peu moins fort qu’elle. Je ne suis pas la plus intelligente des enfants donc j’ai un peu de mal, ça vous n’êtes guère obligé de le lui répéter par contre. Je fais de mon mieux pour ne pas la décevoir, donc évitez de réduire mes efforts, je vous prie. Ainsi à votre question posée un peu plus tôt aux prémices de notre entretien, je vous réponds : « Oui, je suis bien venue par mes propres moyens et maman ne viendra pas, pas aujourd’hui ». C’est intéressant à marquer sur votre carnet ça ? Décidément, je nourrirais toujours pour vos gribouillages une curiosité certaine. Maman ne doit plus se soucier de moi, enfin, elle ne doit pas se faire de soucis pour moi. Dites, vous ne la trouvez pas un peu bizarre ? Un peu vague, un peu éteinte, la tête dans les nuages, le regard vitreux. Maman à beaucoup de coupures au niveau de ses poignets et avant-bras. Elle est maladroite de nature, je le sais bien. Ça m’inquiète. Elle doit me tester. Me tester pour quoi ? Elle veut partir, comme papa. Papa aussi, il agissait de cette manière avant son départ. Je sens quand ces choses-là arrivent, je suis habituée à l’abandon maintenant, mais je ne suis pas une enfant malheureuse pour autant. Maman s’égare. Malgré tout, on s’occupe de moi, on me console et on m’offre plus d’amours qu’il ne m’en faut. D’après les livres de Papa, il semblerait que Maman souffre de dépression. Ils ont peur que je sois triste, il redoute mes larmes et mes lamentations. Alors je les rassure avec des sourires forcés, une joie de vivre feinte et une énergie débordante. Je ne suis pas heureuse et je n’ai pas le cœur à rire. Maman s’est éteinte depuis si longtemps déjà. Je l’accepte enfin et c’est cela le plus dur. Ils font tous semblants, ils n'ont que de la pitié à mon égard.

 Eto ne jeta pas même un coup d’œil à sa génitrice qu'elle savait d’ores et déjà rouge de honte et au bord des larmes. Bien sûr que cette mise en scène était préparée. Eto remuait certes le couteau dans la plaie, mais, il le fallait pour en oublier sa colère. Elle jouait la mère modèle en dehors et s'évertuait en dedans à fuir sa fille. Toujours plus dans le déni de sa condition. La lettre qu'elle tenait depuis le début dans la main droite tremblait autant que sa personne. Elle la tendit enfin à sa fille bien que toujours hésitante dans le bien-fondés de sa décision prise sans la consulter. Au fond de son regard, l'on pouvait y déceler une frayeur sans pareille. Eto abrégeant dans un élan de générosité ses souffrances s'empara du papier du bout des doigts.

- « Tu dois déjà te douter que je ne t'aie pas fait venir pour rien. »

silence.

- « Toujours aussi charmante à ce que je vois. »

Elle reposa la boisson beaucoup trop chaude, répondre par l'ironie ne pouvait qu'attiser la colère bouillonnante de cette dernière, qu'importe cela valait toujours mieux que cette gêne qu'elle ressentait en cet instant dans sa propre demeure. Honteux. Une situation que tout enfant un temps soit peu bien élevé éviterait par tous les moyens à ses parents quelle que soit la relation qu'il entretient avec eux. Non, Eto se fichait bien de la politesse ou des normes sociétales. À vrai dire beaucoup de choses lui passaient au-dessus, beaucoup trop pensait la majorité des personnes qui la connaissaient bien. Quelques minutes s’écoulèrent encore, toujours aucune réponse, cela commença à l’irriter sérieusement.

- « Bon reste muette si cela te chante, je voulais prendre des gants pour te l’annoncer, mais, ta non-coopération m’oblige à devenir brutale. À ton retour de la ville, tu te marieras, c’est déjà décidé. »

Eto gonfla ses joues comme quand elle s'apprêtait à exploser, vomir un tas d'injures, prendre la fuite et regretter par suite son comportement seule dans un coin. Pour se calmer, elle fixa sa mère, tellement jolie malgré son âge, tellement élégante et assurée. Elle se décida après une intense réflexion à la réponse choisie pour écourter au plus vite cette conversation.

- « Je … Je suis ravie, réellement émue. Merci maman. »

Sa fille semblait enfin s’assagir, elle esquissa un timide sourire, ou du moins essayer à peu près sérieusement. Elle vida sa tasse, la déposa aux côtés de la théière sur le plateau, se leva et se dirigea vers la sortie. L'horloge indiquait deux heures et trois quarts, elle s'en étonna un peu, d’habitude le temps ne passait pas aussi vite durant ce genre d’entretien.

Mensonge.

- L’on apprend ici que la mère d’Eto souffre de dépression, ce qui explique en partie la complicité entre Eto et son père. À présent adulte et ayant eut sa place à l’Académie sa mère arrangea son mariage pour assurer une descendance à sa famille. Malgré son esprit de rébellion Eto ne s’y opposa pas, éducation japonaise oblige. Par ailleurs, elle se retrouvera à très bien s’entendre avec son compagnon.



Eto adulte.

Sa voix faiblit à mesure de l’avancement de sa lecture, puis en fin vînt s’éteindre tout à fait. Ses doigts, fébrilement, agrippèrent la lettre, ses fines lèvres tremblèrent, elle pâlit. Ses iris cannelle se virent progressivement noyés par des larmes suspendues aux coins de ses yeux. Elle se refusait de pleurer, encore une fois. Son regard s’embruma. Sans s’en rendre compte, elle tremblait de tous ses membres, Eto ne se contrôlait plus. Ses ongles s’enfoncèrent dans la chair blanche du papier menaçant à tous moment de le déchirer en deux. Sa gorge la brûlait désagréablement, elle en venait à avoir grand mal pour déglutir correctement.

Puis après quelques minutes de combat intérieur, elle lâcha prise et s’effondra. Une pluie torrentielle s’abattit sur les nattes de bois recouvrant le sol de sa chambre, elle fit tomber la lettre et ayant honte d’elle-même camoufla son visage affreux à l’aide de ses mains. Son nez se boucha l’obligeant à renifler d’une manière horriblement grossière. La jeune femme en devenir venait de disparaître au profit de la pâle figure d’une enfant ayant essuyé un quelconque refus. Elle voulait se calmer, plus que tout et s’obstinait pour cela à essuyer ses joues toutes perlées à l’aide de ses poignets, ne se rendant pas compte qu’agissant ainsi elle éraflait sérieusement ses pommettes. Puis le temps réussit comme depuis toujours à la calmer. À l’aide d’un mouchoir de soie qu’elle sortit de sa poche, elle effaça au regard du monde les dernières traces de son comportement blâmable. Dans ses mots écrits à la va-vite, se cachaient un tissu de mensonges. Mais sur les joues d’Eto continuaient de dégringoler des larmes de son gros chagrin qui venaient s’éclater sur sa robe de soie blanche. Le long de la colonne vertébrale d'Eto coulaient des sueurs qui faisaient coller à sa peau quelque peu dorée par le soleil des mèches de ses cheveux abricot. Sur le visage d'Eto un horrible sourire venait déformer ses traits de part et d’autre. Sur les genoux d'Eto deux délicates mains ne pouvaient s’empêcher de trembler. Dans la cage thoracique d'Eto il y avait ce cœur déjà en miette qui menaçait à tous moment d’éclater. Et en conclusion la pauvre raison d'Eto venait à tout jamais de basculer. D'entre ses lèvres perlées pas même une parole insouciante ne se risquera à présent à en sortir.

Le soleil sonna le glas de son règne. Dehors à travers les vitres de la pièce les ombres des monstres les plus sombres lèchent la vitre. Un frisson parcourra son échine. Elle se releva et ramassa une pile de vêtements posée à ses côtés. Comme si rien ne s’était passé, elle continua sa besogne d’antan et finis bien vite de remplir sa valise. La lettre encore par terre semblait la moquer, railler ses candides croyances. Elle jeta un dernier coup d’œil par-dessus son épaule. La colère lui monta aux joues. Elle s’empara violemment de cette dernière et la froissant au passage l’envoya paitre dans la poubelle.

- Eto vient d’apprendre qu’elle est stérile. Elle en gardera à vie une profonde douleur.



Eto âgée.

Elle s'approcha de la fenêtre et l'ouvrit en grand, une bourrasque s'engouffra. Elle croisa le regard de la lune toute pleine. Prise d'une soudaine nostalgie, elle commença à la défigurer quelque peu. « La petite Eto avait-elle dans son ciel une lune semblable à celle de maintenant ? Elle me paraît plus petite à présent, et un peu plus diaphane, moins éclatante en soi. Pourtant dans son ensemble, j'imagine que c'est la même que celle qu'observaient nos ancêtres, donc j'en conclue qu'en dix ans, elle n'a pas pu tellement changer ». Elle posa alors son menton entre ses paumes, s'accordant un instant de détente.

Elle pouffa de rire. Elle n’arrivait pas encore à croire à tout ce chemin parcourut. Fière, elle pouvait l’être, sa liberté, elle l’avait arraché aux mains de ses brigands. Fantasme, rêve, fantasmagories enfantines, comme quoi l’on pouvait aisément feindre d’écouter et ne retenir que ce qui nous arrange le plus. Elle voulait s’éteindre, c’était déjà tout décidé. Elle n’avait plus rien à accomplir en ce bas monde.

- Eto a prit sa retraite depuis quelques années déjà, tous ses proches ont disparu, plus rien ne l’oblige à perdre encore un peu plus son temps. Sauf peut-être un coup du sort dû à sa proximité avec un laboratoire d’un certain « William Charleston ». Victime de magie noire elle recouvra ses dix-huit d’antan, du moins physiquement et par suite d’une tentative de suicide peu fructueuse elle interprétera son échec par un signe du destin et décidera de recommencer une nouvelle vie plus lèvre sous le pseudonyme d’une héroïne de son unique roman.

Béthuline de Lluse vit le jour, elle parcourt à présent les villes et villages en quête de public pour ses tours de prestidigitations.
Et toi derrière l'écran ?
Pseudo : Pioupiou c'est bien !
Commentaire Perso : J'AI ADORÉ VOUS STALKE, NOW J'ADORE VOUS SQUATTER (et écrire en majuscule je l'avoue). Nan j'ai rien à dire de vraiment sérieux en fait parce que vous avez fait du super boulot ! *lovu* *lovu*
Un petit secret sur toi : Je suis pas aussi vieille que Bét(h)adine (omg ce surnom j'en rigole encore).


Dernière édition par Béthuline de Lluse le Sam 19 Nov - 22:55, édité 8 fois
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I believe I could flyyy
Ino Arancia Chidoyashi

MessageSujet: Re: Béthuline de Lluse -finish-   Sam 19 Nov - 10:58

Encore un immense bienvenue Béthadine !!!

Ton personnage je l'adore ! J'ai tellement hâte de lire l'histoire !
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Vade Retro Yaseius
Pierre Ouimet

MessageSujet: Re: Béthuline de Lluse -finish-   Dim 20 Nov - 1:46

Bienvenue Béthuline

j'aime bien ta fiche, bien écrit, j'ai hâte de voir cette vielle rebelle dans le corps d'une jeune femme
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Où est Charlie ?
Natsuki Kyuurem Inukaï

MessageSujet: Re: Béthuline de Lluse -finish-   Dim 20 Nov - 6:25


Félicitation, tu es validée !

J'ai beaucoup aimé ta fiche, la lecture fut pour moi plaisante et agréable et je n'ai absolument rien à redire au niveau du contexte. J'apprécie même le fait que tu ai lié ton histoire à la magie noire et les malsaines expériences de ce bon vieux William.

Nous avons là une nouvelle coug....Adorable jeune (ancienne) femme dans la place. Je l'imagine bien se moquer de mon DC (lorsque je le ferai) Qui est l'actuel Directeur de l'académie. D'autant plus que j'imagine qu'elle a forcément connu le fondateur.

Je suis curieux de voir comment elle va aborder cette nouvelle vie qui se présente à elle. Hâte de lire tes nouvelles aventures et de la découvrir plus encore !

N'oublie pas d'aller Recenser ton avatar si ce n'est pas déja fait ainsi que de ne pas hésiter à faire tes belles demande de Rp et ton carnet de l'amitié !

Bienvenue parmis nous !
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MessageSujet: Re: Béthuline de Lluse -finish-   

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Béthuline de Lluse -finish-

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